Activité des marchés aux bestiaux en 2025

1. Évolution Générale

L'activité sur les marchés en 2025 baisse de 6,6% contre 6% en 2024. Les échanges, qui concernent 799 098 animaux, s'adaptent aux défis liés à la décapitalisation et au contexte sanitaire. Malgré ces contraintes, les marchés continuent de fonctionner, s’adaptent et trouvent la résilience pour maintenir un outil de commercialisation pour les éleveurs et les acheteurs.Cette baisse touche surtout les gros bovins de boucherie (-10.8%), les petits veaux et les veaux gras (-11.35% et -23.61%) ainsi que les ovins, caprins-équins. Cependant, les broutards et les gros bovins maigres voient leurs effectifs progresser. (+0.25% et + 4.6%).

2. Analyse par Catégorie

  • Gros Bovins (gros bovins boucherie, broutards, maigres) représentent 52% du total, avec une baisse de -1,2% (-4 363 têtes).
  • Veaux (21% du total) enregistrent une baisse de -11,35% (-21 086 têtes).
  • Veaux gras sont une nouvelle fois en forte diminution (-23,61%), soit 1 945 têtes en moins.
  • Ovins subissent une baisse de -12,24%, soit – 28 021 têtes.
  • Caprins/Equins, bien que représentant seulement 1% du total, reculent de -20,83% (-1 500 têtes).

3. Modalités de Marché

516 483 (+ 85 550/2024) têtes sur les marchés au cadran/criée et 282 615 (- 142 265/2024) têtes sur les marchés au gré à gré. Les marchés de gré à gré laissent la place au marché au cadran/criée. 65 % de la commercialisation du bétail se fait aujourd’hui sur un cadran/criée, contre 50,3% en 2024, notamment pour certaines catégories :

Broutards : 71% au cadran/criée

Gros bovins maigres : 80% au cadran/criée

Ovins : 100% au cadran/criée

Veaux gras : 66% au cadran/criée

En revanche, les petits veaux (28 %) et les gros bovins de boucherie (41 %) restent majoritairement échangés en gré à gré.

4. Conclusion

La contraction du marché se confirme et s'accentue en 2025, avec une baisse des apports qui s'approfondit par rapport à 2024. Les catégories les plus fragilisées — veaux gras, ovins, caprins — poursuivent leur recul, tandis que les gros bovins boucherie continuent de peser à la baisse sur les volumes globaux.

Le marché au cadran s'impose désormais comme la modalité dominante, franchissant le cap des 65% des transactions et gagnant du terrain sur l'ensemble des catégories.

Les enjeux à suivre : les effets durables de la décapitalisation sur les effectifs, la progression du segment maigre comme point positif à consolider et la place du gré à gré face à la montée en puissance des cadrans/criées.

RAPPEL SUR L'IMPORTANCE DES MARCHES
 

MESSAGE : Liberté de commerce et défense du prix juste : les marchés, piliers d’un équilibre essentiel !

Aujourd’hui plus que jamais, nous devons réaffirmer une évidence : les marchés aux bestiaux sont bien plus que de simples lieux de transaction. Ce sont des piliers d’équilibre économique, social et territorial, au cœur de nos campagnes.

Dans un contexte de fortes tensions sur les prix agricoles, de montée des incertitudes pour les éleveurs, et de concentration croissante des acteurs de l’aval, les marchés remplissent une mission essentielle : garantir à chacun un prix juste, dans un cadre transparent, loyal et encadré.

Sur un marché, l’offre et la demande se confrontent directement. Chaque vendeur a la possibilité de négocier le prix de son animal en fonction de la conjoncture, en toute liberté. Cette confrontation est la base de la liberté de commerce. Elle permet à l’amont agricole de ne pas subir les prix, mais de les construire. C’est une liberté fondamentale, qu’il faut défendre avec force.

Les marchés, ce sont aussi :

  • Des infrastructures adaptées pour garantir le bien-être des animaux : installations d’abreuvement, zones de chargement et de déchargement sécurisées, parcs remplaçant peu à peu les barres d’attache…
  • Des outils modernes pour la traçabilité et le suivi sanitaire : logiciels dédiés, enregistrement de tous les opérateurs, gestion rigoureuse des flux, une zone d’alerte apparait si un animal appartient à un cheptel ou une commune appartenant à la zone régulée (Liste des communes MHE, FCO envoyé par la DGAL),
  • Des équipements au service des professionnels : quais, balances, stations de lavage, couloirs de sécurité… autant de moyens pour travailler dans de bonnes conditions.
  • Des lieux de rencontre humaine, au moment où les producteurs sont de plus en plus isolés, et où le lien social se délite dans nos territoires.
  • Et enfin, un repère de prix pour toute la filière : les cotations issues des marchés sont les seuls indicateurs objectifs, accessibles à tous. Elles permettent aux éleveurs, aux négociants, aux transformateurs, de suivre l’évolution du marché, de se positionner, de négocier.

Sans marchés, les producteurs perdent ce repère. Ils se retrouvent seuls face à un petit nombre d’acheteurs, qui peuvent, en l’absence de concurrence réelle, imposer leurs prix. C’est alors toute l’idée même de libre concurrence qui disparaît. Et avec elle, la dignité de l’éleveur, sa capacité à vivre de son métier.

À ceux qui s’interrogent sur la pertinence des marchés aujourd’hui, nous répondons ceci : soutenir les marchés, c’est soutenir la liberté de commerce, la transparence des échanges, et la justice dans la fixation des prix. C’est défendre un modèle agricole où l’humain a encore sa place. Un modèle qui mise sur la proximité, la négociation directe, et le respect du vivant.

Soutenir les marchés, c’est défendre un modèle de commercialisation, humain et durable.

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